
L’application d’un nouveau coefficient d’énergie primaire (CEP) électrique, programmée pour 2026, générera des retombées considérables sur le marché immobilier français, et qui plus est, locatif. Selon les estimations du gouvernement, 850 000 logements pourront s’extraire de la classification de passoire énergétique, dont 450 000 de l’étiquette F et 400 000 de l’étiquette G. Cette évolution favorable pour le marché de la location immobilière, concerne principalement les logements équipés d’un chauffage électrique, soit 40 % des biens actuellement classés comme passoires énergétiques. Cette redistribution des classes DPE aura des répercussions directes sur les projets des bailleurs de logements et sur l’évolution des prix de l’immobilier.
Changement du CEP électrique : de nouvelles opportunités pour les propriétaires bailleurs
La requalification de la performance énergétique et environnementale de centaines de milliers de logements offrira aux bailleurs d’excellentes opportunités économiques. De nombreux biens ne seront plus considérés comme des passoires énergétiques. Fini donc l’interdiction de louer pour indécence énergétique et celle d’augmenter le loyer. Fini aussi par la même occasion l’incitation à les rénover. Dans le parc locatif privé, la diminution de 22 % du nombre de passoires énergétiques permettra aux bailleurs de retrouver la possibilité d’indexer leurs loyers sur l’Indice de Référence des Loyers (IRL). Cette faculté, suspendue pour les logements classés F et G, redeviendra donc accessible pour de nombreux biens. De plus, lors des nouvelles locations, ces logements pourront faire l’objet de revalorisations locatives qui étaient jusqu’alors interdites par la réglementation. La réforme de calcul du DPE à l’horizon 2026 permettra aussi de remettre de nombreux biens sur le marché locatif, tandis que la pénurie de logements à louer sévit et que de nombreux ménages et étudiants peinent toujours à trouver un logement.
Calcul DPE modifié et passoires : des répercussions différentes selon les logements
L’impact de la baisse du CEP électrique sur les passoires énergétiques variera sensiblement selon les caractéristiques des logements excessivement énergivores concernés. 23 % des appartements sortiront du statut de passoires énergétiques. Pour les maisons individuelles, 15 % verront cette progression. Le parc locatif social enregistrera les gains les plus spectaculaires avec plus d’un quart de ses passoires énergétiques qui changeront de classification. Toutes ces différences s’expliquent par la prédominance du chauffage électrique dans certains parcs immobiliers et par les spécificités de construction de chaque typologie de logement.
Une nouvelle étiquette DPE automatique, sans aucun parcours de rénovation énergétique
L’impact de l’abaissement du CEP électrique sur l’étiquette DPE des biens déjà évalués se fera de manière automatique, soit sans la réalisation d’un nouveau DPE ou de travaux de rénovation énergétique. Le changement sera opéré en ligne au travers d’un outil qui permettra de télécharger gratuitement une attestation officielle de nouvelle étiquette à partir du numéro du DPE existant. La validité de cette nouvelle étiquette DPE correspondra à celle du diagnostic de référence. Cette plateforme de gestion des étiquettes, sera hébergée sur le site de l’Observatoire DPE/Audit de l’ADEME. Un même dispositif sera prévu pour mettre à jour également les classifications apparaissant sur les audits énergétiques existants.